La médiatisation grand public de la médecine, une bonne chose ? Part-5

rob-laugther-WW1jslnXgwM-unsplash
#media #covid19 #medecine #discord #confinement
Par Gérald Chanques,

Professeur des Universités

Dans sa précédente tribune du 13 août, le professeur Gérald Chanques rappelait les quatre piliers fondamentaux de l’éthique médicale, essentiels à la prise de décision et malheureusement absents du débat médiatique. Il appréciait cependant que les médias aient mis en lumière la discipline peu connue de la réanimation et surtout révélé les souffrances induites pour un patient « sauvé ».

 

« Il est légitime que le grand public soit informé sur tout type de préoccupation. Concernant une crise sanitaire, les médecins sont logiquement les experts, mais pas en communication.

 

Les médecins ne sont pas des stars du showbiz

 

L’art des médias devrait profiter au grand public selon un code de déontologie qui s’applique aux médecins eux-mêmes. En situation de crise, est-il éthique de vendre de l’information nouvelle à tout prix, quelle qu’elle soit ?

Journalistes et médecins sont nécessaires mais ont sans doute à progresser dans leurs interactions. Les médecins ne sont pas des politiciens ni des stars du showbiz.

Espérons que l’analyse de cette crise puisse profiter à l’avenir, mais l’homme est prévisible et n’apprend que peu de l’Histoire…

 

Nous ne devrions pas devenir addicts

En 1990, alors que je préparais mon concours de première année, la guerre du Golfe faisait rage. Le monde découvrait l’information en continu, les bombes à guidage laser, la guerre chirurgicale, les pertes collatérales et les experts militaires. Ceux-ci étaient déjà singés par les Inconnus et les Guignols de l’info.

Pourtant ce type d’info s’est encore développé. Même si elle est très utile et efficace dans l’immédiat, nous ne devrions pas en devenir addicts (faut-il paramétrer un temps d’écran comme pour nos enfants?). Sachons où chercher des réflexions plus approfondies et qui ne tournent pas en boucle (les blogs !?).

L’exercice dans un contexte d’incertitude reste difficile mais une méthode de réflexion existe pour aider, de manière pragmatique, à prendre les moins mauvaises décisions.

Cette méthode devrait avant tout s’appliquer avec conscience à tout médecin (et aux institutions), et être systématiquement enseignée à l’Université. Ce sera le cas à la Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes dès la rentrée 2020.

Gérald Chanques

Professeur des Universités

Praticien Hospitalier (Anesthésie-Réanimation) au Département d'Anesthésie Réanimation de l'Hôpital Saint Eloi (CHU Montpellier), dans l'Unité de recherche : PhyMedExp,INSERM, CNRS, Université de Montpellier. Il est également secrétaire général et porte-parole du Comité d'organisation des 800 ans de la Faculté de Médecine de Montpellier (1220-2020)

Partager

Partager sur facebook
Partager sur linkedin
Partager sur twitter
Partager sur email